Publié le mardi 20 mai 2008

En attendant le rapport

20 05 2008

Depuis hier, Pauline Marois et Gilles Duceppe font référence à Elvis Gratton pour qualifier la suggestion des commissaires Bouchard et Taylor de remplacer l’expression québécois de souche par québécois d’origine canadienne-française.

Le concepteur, auteur, blogueur, etc., Stépane Laporte a pris la peine de retrouver la fameuse citation d’Elvis Gratton. C’est trop drôle pour ne pas la citer ici aussi. Voici donc l’extrait du dialogue entre Elvis et sa femme :

ELVIS GRATTON : Moi je suis un Canadien québécois, un Français canadien-français… Un Américain du Nord français, un francophone québécois canadien… Un Québécois d’expression canadienne –française française. On est des Canadiens américains francophones d’Amérique du Nord… Des Franco-québécois…

MADAME GRATTON : On est des Franco-canadiens du Québec, des Québécois canadiens. C’est ça.

Il n’y a pas de meilleure illustration de notre difficulté à nous définir. Mais je ne crois pas que l’expression proposée par les commissaires règle le problème.

Notre origine canadienne-française nous ramène 50 ans en arrière à l’époque peu glorieuse d’avant la révolution tranquille, celle du peuple né pour un petit pain, celle des porteurs d’eau. Être un canadien-français c’est la confirmation de notre état de peuple minoritaire au sein du Canada. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons adopté le terme québécois dans les années 60. Pour affirmer notre majorité sur un territoire qui nous appartient.

Les commissaires manquent drôlement de flair ou sont un peu déconnectés pour s’imaginer que leur suggestion va être retenue. Je dirais même que cela leur enlève un peu de crédibilité, car à mon souvenir personne parmi les centaines d’intervenants devant la commission n’a parlé de redéfinir les québécois ainsi. Ils nous sortent ça comme un magicien un lapin empaillé d’un chapeau haut-de-forme d’une autre époque. C’est un tour de magie que personne ne va applaudir.